L’âge légal de la pension passera à 66 ans en Belgique dès 2025, modifiant le calendrier d’accès aux droits pour des milliers de travailleurs. Les pensions anticipées seront soumises à des conditions révisées qui excluent certains profils pourtant proches de la retraite.
Une réforme touche aussi les dispositifs complémentaires et la fiscalité des avantages liés à la cessation d’activité. Les obligations déclaratives et administratives évoluent, exposant certains retraités à des démarches supplémentaires ou à des ajustements de leurs revenus. Les nouveaux critères de carrière introduisent des disparités inédites entre générations.
Ce qui change en 2025 pour l’âge légal de la pension en Belgique
Le relèvement de l’âge légal de la pension est désormais acté au Moniteur belge : à partir du 1er janvier 2025, il faudra attendre 66 ans pour demander sa pension légale. Cette règle s’appliquera à toute personne née après 1959. Pour la majorité des salariés, indépendants et fonctionnaires, le départ à la retraite sera donc repoussé d’une année pleine.
Ce n’est pas qu’une question de date : le report s’accompagne d’un nouveau rythme pour les demandes de pension. Chacun devra anticiper ses démarches, en tenant compte du seuil d’âge fraîchement relevé. Les conditions de carrière complète exigées pour partir plus tôt restent identiques, mais ceux qui n’atteignent pas le nombre d’années requis devront patienter davantage pour percevoir le montant maximal.
Voici les points clés à retenir sur ce changement :
- Âge légal de la pension : 66 ans à partir de 2025
- Date d’application : pour toute demande de pension à compter du 1er janvier 2025
- Publication officielle : Moniteur belge
Ce relèvement de l’âge légal modifie aussi l’accès aux avantages fiscaux liés à la fin de carrière. Certains dispositifs, indexés sur la date de la pension légale, voient leur seuil d’éligibilité décalé. Les contrats de pension complémentaire devront s’ajuster : retirer un capital avant la date prévue exposera à une fiscalité plus lourde. Il est donc recommandé de revoir ses prévisions et d’interroger sa caisse de pension sur la date de prise de cours désormais en vigueur.
Quels impacts concrets pour les travailleurs et futurs retraités ?
Le passage de l’âge légal de la pension à 66 ans bouleverse les projets de ceux qui approchent du terme de leur carrière. Pour beaucoup, cela signifie une année supplémentaire de cotisations et un accès plus tardif à la retraite. Certains devront adapter leur emploi du temps, revoir leurs ambitions ou prolonger une activité à temps partiel, voire opter pour un flexi job.
Les revenus issus de ces activités restent soumis aux règles classiques de cotisations sociales. Cependant, après 65 ans, les travailleurs peuvent profiter de cotisations sociales réduites sur les flexi jobs. L’accès au bonus pension, la récompense financière pour ceux qui prolongent leur vie active au-delà de l’âge légal, s’en trouve également décalé. Le calcul de ce bonus s’ajustera à la nouvelle limite d’âge : il faudra donc revoir sa stratégie de départ pour optimiser ce coup de pouce.
Chez les indépendants, notamment ceux qui exercent à titre principal, cette réforme impose une année de gestion supplémentaire. Pour certains, cet allongement peut devenir difficile, surtout en cas de problèmes de santé ou d’incapacité de travail. Les dispositifs de pension anticipée restent accessibles sans modification des critères, mais la plupart devront composer avec ce nouveau tempo. Côté chômage temporaire et RCC (régime de chômage avec complément d’entreprise), la réforme recadre également l’âge de sortie progressive du marché du travail, alignant ces dispositifs sur le nouveau seuil.
Droits, avantages et restrictions : le nouveau paysage de la pension à 66 ans
À compter de 2025, le relèvement de l’âge légal de la pension en Belgique vient bouleverser la liste des droits et avantages ouverts à 65 ans. Le cap des 66 ans permet d’accéder à la pension minimum garantie, destinée à assurer un revenu plancher à ceux dont la carrière a été marquée par des interruptions. Pour y prétendre, il faut justifier d’au moins trente années de carrière reconnue, tous statuts confondus. En 2024, ce filet offre 1 720 € brut par mois pour une carrière complète d’isolé, selon la sécurité sociale.
Les avantages fiscaux liés à la pension complémentaire suivent désormais la même logique. Le versement d’un capital constitué auprès d’un employeur ou via une initiative personnelle ne pourra intervenir, sans pénalité, qu’à partir des 66 ans. Ceux qui respectent l’âge et mettent fin à toute activité professionnelle bénéficieront d’une fiscalité adoucie.
La prise de cours de la pension à 66 ans s’accompagne aussi de nouvelles exigences. Toute erreur dans la déclaration des revenus professionnels peut entraîner des retenues sur la pension. Les pensions de survie et celles liées à l’inaptitude physique relèvent de règles propres : chaque situation sera traitée selon la nature du droit ouvert.
Pour mieux visualiser ces changements, voici une synthèse :
- Droits pension : accès à la pension minimum garantie, sous réserve d’années de carrière suffisantes.
- Avantages : fiscalité allégée sur la pension complémentaire, possibilité de cumul limité de revenus professionnels.
- Obligations : déclaration annuelle des revenus, plafonds à respecter en cas de cumul.
Réforme de la pension : quelles conséquences sociales à anticiper ?
Faire passer l’âge légal de la pension à 66 ans ne modifie pas seulement la trajectoire individuelle des travailleurs. C’est tout le tissu social belge qui se retrouve concerné. Les entreprises vont devoir repenser la gestion de leurs équipes vieillissantes. Adapter les postes, prévenir l’usure professionnelle, mettre en place de réels dispositifs pour soutenir l’employabilité des seniors : la réforme oblige à des réponses concrètes, bien au-delà des déclarations d’intention.
Les équilibres de la sécurité sociale sont aussi redéfinis. En retardant l’ouverture des droits à la retraite, cette réforme repousse l’accès à des aides comme la GRAPA (garantie de revenus aux personnes âgées) et la pension de survie. Les plus fragiles voient ainsi leur horizon s’éloigner d’une année. Pour celles et ceux touchés par l’inaptitude physique, la distinction entre pension temporaire et pension définitive reste centrale : chaque dossier continue à être examiné au cas par cas, selon les règles en vigueur.
Pour les employeurs, il faut aussi repenser la gestion des RCC (régimes de chômage avec complément d’entreprise, ex-prépensions) et renforcer l’accompagnement de la fin de carrière. Certains secteurs, exposés à la pénibilité, s’inquiètent de leur capacité à maintenir les salariés jusqu’à cette nouvelle échéance.
Voici les conséquences principales de cette réforme :
- Conséquences pour les entreprises : adaptation des politiques RH, anticipation des départs, gestion du vieillissement en interne.
- Effets sociaux : report de l’accès à des minima sociaux, aggravation des écarts pour les carrières atypiques ou hachées.
Le paysage de la retraite belge évolue sous nos yeux : nouvelles règles, nouveaux repères, et pour beaucoup, un défi supplémentaire à relever avant de tourner la page du travail.


