Préparer sa retraite en Suisse : les étapes clés à anticiper

La Suisse ne fait rien comme tout le monde : ici, la retraite n’arrive pas sur un plateau, elle se construit, pièce par pièce, par chacun. Oubliez le mythe du filet universel, chaque résident doit bâtir sa propre stratégie, anticiper, ajuster, et souvent, s’interroger bien avant l’âge légal.

Anticiper ses besoins financiers à la retraite

On ne prépare pas la retraite en suisse à l’aveugle. Première question : de combien aurez-vous réellement besoin, une fois la vie active derrière vous ? En général, les dépenses s’allègent, mais pas autant qu’on l’imagine. Loyer, alimentation, loisirs, santé : chaque poste compte. Mieux vaut dresser un budget prévisionnel honnête, sans sous-estimer ni les à-coups ni les envies de dernière minute. Prendre une marge confortable, c’est se donner de l’air face aux imprévus.

Reste à confronter cet objectif aux revenus attendus : rente AVS, éventuel 2e pilier, et autres ressources. L’écart saute rapidement aux yeux : c’est ce delta qu’il faudra compenser par une épargne ciblée. Plus ce calcul est réalisé tôt, plus il devient possible de lisser l’effort et d’éviter les mauvaises surprises. Attendre, c’est laisser filer des opportunités.

Optimiser son pilier 3a

Impossible de faire l’impasse sur le pilier 3a : ce compte d’épargne, destiné à la retraite, pèse lourd dans la balance. Chaque franc versé jusqu’à 6 890 CHF par an vient alléger la facture fiscale. À la sortie, le capital accumulé se transforme en rente ou en paiement unique.

Le secret ? Commencer tôt. Dès 25 ans, chaque versement compte et l’intérêt composé fait le reste. Ceux qui prennent ce réflexe dès leurs premiers salaires profitent pleinement de l’avantage fiscal année après année. Pour ceux qui souhaitent doper leur épargne, il existe des placements plus dynamiques au sein du 3a : fonds d’actions, obligations, ou portefeuilles diversifiés, selon l’appétit pour le risque et l’horizon de placement.

Cotiser à la prévoyance professionnelle

Le 2ᵉ pilier, ou prévoyance professionnelle, forme le socle de la retraite des salariés. Employeur et employé cotisent, à parts égales, pour constituer un capital qui se convertira en rente au moment du départ. Le montant final dépend du salaire, de l’âge, mais aussi de l’assiduité à alimenter ce compte tout au long de la carrière.

Un levier méconnu : les rachats volontaires. Dès que possible, effectuer des versements supplémentaires permet d’augmenter la future rente, tout en bénéficiant d’une déduction fiscale. Certains choisissent aussi d’alimenter leur propre compte individuel auprès de leur caisse de pension, pour renforcer le matelas financier à la sortie. Ces choix, parfois techniques, gagnent à être anticipés avec un spécialiste.

Diversifier son épargne

Miser uniquement sur les piliers réglementés ? Ce serait se priver de sources de revenus complémentaires et d’une sécurité renforcée. Pour élargir sa marge de manœuvre, il devient pertinent de diversifier son épargne à travers différents placements.

Voici quelques pistes concrètes à explorer :

  • Investir en bourse, notamment via des ETF, pour viser une croissance sur le long terme et répartir les risques.
  • Envisager l’immobilier locatif, qui peut générer des loyers réguliers et valoriser le patrimoine familial.
  • Épargner régulièrement, même de petits montants, pour bénéficier de l’effet cumulatif et lisser les aléas des marchés.

Ceux qui démarrent tôt, même modestement, maximisent leurs chances de voir leur capital fructifier et d’élargir leurs choix à l’heure de la retraite.

Préparer sa retraite en Suisse, c’est accepter de construire son avenir à la force de ses décisions, bien avant la date fatidique. Plus l’édifice est solide, plus la liberté de choisir son rythme et ses projets grandit. Et si l’on commençait à y penser dès aujourd’hui ?

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